Partager la publication "Faux, aucune réconciliation surprise n’a eu lieu entre le CNRD et le FNDC !"
Le 25 janvier 2026, une allégation partie de ce site d’information (lien archivé ici) a largement été amplifiée sur les réseaux sociaux, particulièrement Facebook (ici, là et là). Son auteur, un.e certain.e Djiba Camara, affirme sans apporter des preuves qu’une réconciliation « surprise » aurait eu lieu entre le Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) et le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).
Selon cet article, Ibrahima Diallo, responsable des opérations du FNDC, aurait été discrètement reçu à la présidence de la République, dans la nuit du samedi au dimanche 25 janvier 2026. La rencontre aurait porté, toujours selon la même source, sur le sort de leaders d’opinion portés disparus depuis juillet 2024, ainsi que sur une éventuelle entrée du FNDC dans le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah.
Le site créé en juin 2020 évoque également une médiation du général Amara Camara, Ministre Secrétaire Général de la présidence de la République de Guinée, dans le sillage de la « main tendue » du président Mamadi Doumbouya aux Forces Vives de la nation lors de son investiture le 17 janvier 2026.
Pour vérifier l’allégation faisant état d’une rencontre « secrète » entre le CNRD et le FNDC, nous avons contacté Abdoulaye Oumou Sow, chargé de la communication du mouvement.
Celui-ci a formellement démenti toute réconciliation ou rencontre entre les deux parties. « Ce n’est pas une vraie information. Nous l’avons d’ailleurs démentie sur notre page Facebook. Il n’y a jamais eu de rencontre entre le FNDC et le CNRD. Nous n’avons engagé aucune discussion avec les autorités », a déclaré le responsable de la communication du FNDC.
Selon M. Sow, la seule préoccupation actuelle du FNDC reste la situation de ses responsables portés disparus, particulièrement Foniké Mengué et Billo Bah. Il assure également que le responsable des opérations du FNDC, Ibrahima Diallo, n’a pas mis les pieds en Guinée depuis bientôt deux ans. Ce qui rend matériellement impossible la tenue de la rencontre à Conakry annoncée par African Panorama Magazine (lien archivé ici)
Verdict
La prétendue réconciliation surprise entre le CNRD et le FNDC, annoncée par le site African Panorama Magazine, est fausse. Aucune rencontre secrète n’a été organisée entre les deux parties. Ibrahima Diallo, responsable des opérations du mouvement, qui vit en exil depuis bientôt deux ans, ne s’est pas récemment rendu en Guinée. Cette information relève d’une rumeur infondée qui est formellement démentie par Abdoulaye Oumou Sow, le responsable de la communication du FNDC.
Rappel de contexte sur le FNDC
Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) est un mouvement citoyen et politique, créé en avril 2019 par des acteurs de la société civile, des leaders politiques et des artistes. Il s’était formé pour s’opposer à la modification de la Constitution de mai 2010, qui allait permettre à l’ancien président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.
Sous la direction de figures comme Abdourahmane Sano (coordinateur national), Sekou Koundouno (chargé des stratégies) et Ibrahima Diallo (chargé des opérations), le FNDC a organisé de vastes manifestations à Conakry, dans plusieurs villes de l’intérieur du pays et à l’international contre le régime du président Condé. Ces mobilisations, marquées par les slogans « Ne touche pas à ma Constitution » et « Amoulanfé », ont été sévèrement réprimées par les forces de défense et de sécurité, faisant des morts et de nombreuses arrestations.
Malgré cette vive contestation, un référendum constitutionnel s’est tenu en mars 2020, suivi de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, remportée par Alpha Condé, pour un troisième mandat. Le 5 septembre 2021, le CNRD a renversé le régime par un coup d’État dirigé par le colonel d’alors Mamadi Doumbouya, chef du Groupement des forces spéciales, une unité d’élite de l’armée guinéenne.
Le putsch initialement salué par le FNDC a débouché sur des tensions avec les autorités de la transition. A la suite de violentes manifestations qu’il a organisées, le mouvement a été officiellement dissous par le gouvernement guinéen en août 2022. Depuis lors, plusieurs acteurs politiques, journalistes et responsables de la société civile, dont des cadres du FNDC, ont été contraints à l’exil.
Cet article a été rédigé par Hassatou Kolon Bah. Il a été édité par Thierno Ciré Diallo et approuvé par Sally Bilaly Sow.
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